DANA FUCHS + RED BEANS & PEPPER SAUCE
Vendredi 22 mars 2019 à PAUL B.

Article par OLIVIER CARLE.

Photos de Rapha El.


En mode découverte en cette soirée de mars puisque je vais enfin voir sur scène le groupe dont j'avais adoré l'album, Red Beans & Pepper Sauce, mais aussi la belle Dana Fuchs...

Retour à Paul B. donc pour cette soirée qui s'annonce mémorable !

On apprend en arrivant que les 2 groupes ne joueront pas sur la même scène pour d'obscures raisons de balances. Red Beans occupera la scène principale et Dana Fuchs le club... Au moins on sait qu'il n'y aura pas de délai lié au changement de plateau ! Direction la « grande » salle donc pour voir Jessyca Aké et ses acolytes…

En moins de 45 minutes, les Biterrois vont littéralement enflammer le public de Massy à grands coups de classic rock mâtiné de funk et de blues. Tous les yeux sont rivés sur Jessyca et son jeu de scène ultra sexy. Elle chante toujours aussi bien et est à l'aise dans une multitude de registres. Laurent Galichon confirme son talent de guitariste hors pair, alternant soli aériens et riffs acérés. Aux claviers, Serge Auzier donne une dimension très Deep Purple à la musique de Red Beans avec des côtés très psychédéliques. Quant à la section rythmique, on y retrouve l'excellent Niko Sarran aux baguettes et le relativement discret mais efficace Denis Bourdié à la basse... La set-liste s'appuie essentiellement sur le dernier album « Red » avec des brûlots comme « Dead Spell », le « groovy » « No Saint Today », le « heavy » « The Black Panther », l'entraînant « Half World Changeling » mais aussi les plus anciens mais néanmoins excellents « Just Need Your Love », « Son » et « Lock You Down ». Set un peu court à mon goût puisque 7 titres seulement seront joués mais on a visiblement imposé au groupe un temps très limité. Pourtant une réelle intensité visuelle et sonore a laissé tout le monde pantois ! Red Beans & Pepper Sauce fait partie sans aucun doute de ce qui se fait de mieux en termes de « classic rock » en France en ce moment que ce soit sur disque ou sur scène... D'ailleurs pour vous en convaincre, ruez-vous sur le blu-ray « The Red Tour » qui vient de sortir et est disponible sur leur site internet, c'est une pure merveille !

Changement de salle donc pour découvrir Dana Fuchs et son groupe. On retrouve à ses côtés son guitariste de longue date Jon Diamond, son claviériste Nicola Venturini, son fidèle bassiste Walter Latupeirissa et Piero Perelli derrière les fûts. Pas de set-liste préétablie pour le concert car Dana suit son instinct et demande parfois ce que le public a envie qu'elle interprète. Cela rend le concert beaucoup plus humain et spontané mais entraîne parfois quelques difficultés pour les musiciens pour prendre le train en marche. On peut supposer que ces quelques ajustements se feront pour la suite de la tournée car elle ne fait que commencer... Ce qui frappe chez Dana c'est son charisme naturel et sa propension à communiquer avec le public sur des sujets souvent très intimes. Elle nous parlera ainsi de son père mais aussi de sa mère et du décès de ses géniteurs ainsi que de deux de ses frères et de sa sœur sur la période récente. Quelques allusions aussi au monde actuel et à l'importance de privilégier l'amour à la haine... Ce n'est d'ailleurs pas une surprise si son dernier album s'intitule « Love Lives On ». C'est donc tout naturellement par celui-ci que Dana entame le concert avec les magnifiques « Ready To Rise », « Callin' Angels » dédié à ses proches disparus et « Sittin' On » qui rappelle l'importance de positiver face à l'adversité. Toujours issu du récent opus, petite reprise fort sympathique d'Otis Redding avec « Nobody's Fault But Mine » qui permet à Dana de montrer l'étendue de ses talents vocaux pas si éloignés d'une Janis Joplin ou d'une Beth Hart. Avec « Faithful Sinner », c'est à son père que la chanteuse américaine s'adresse pour un hommage très soul et bourré d'émotion. Retour au groove avec le funky « Sad Solution » qui est pour moi un des meilleurs morceaux du nouvel album. Dommage que les vents (sax et trompette) n'aient pas fait le voyage jusqu'à nous car ils apportent un vrai plus sur ce titre. On reste dans le groove avec une reprise de Gil Scott-Heron, l'excellent « Home Is Where The Hatred Is » dans une superbe version toute en finesse ! On enchaîne avec le très commercial « Sedative » avant la requête d'un des membres du public, le magnifique « Misery », une ballade très nostalgique que Dana nous présente comme sa première chanson d'amour qu'elle avait écrite à la demande de sa mère qui trouvait qu'elle écrivait des textes trop sombres ! Retour ensuite à l'album « Bliss Avenue » de 2013 avec « Long Long Game » et ses influences rock sudiste... Petite surprise avant de quitter la scène avec une reprise de Queen, « Under Pressure », souvent jouée par David Bowie sur scène, dans une version très proche de l'originale pour le plus grand plaisir du public. Dana Fuchs reviendra et empoignera une guitare acoustique pour un « Ring Of Fire » de derrière les fagots, hommage à Johnny Cash que son père adorait... Très belle interprétation de ce classique de la country en guise de cadeau d'adieu au public de Massy ! On espère que c'est plutôt un « au revoir » car on espère bien revoir Dana très prochainement !

Merci à Laurent et à Bruno...

Olivier Carle



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